mardi 12 juillet 2016

La bêta-lecture

La bêta-lecture






Voici donc le premier article de la série sur la bêta-lecture, publié le 12 juillet sur monBestSeller.com.



Vous pouvez également le lire ci-après si vous préférez :


La bêta-lecture




Bonjour, suite à l'interview faite il y a 15 jours sur la thématique de la bêta-lecture, je vous propose un retour d'expérience sur le sujet au travers de trois articles différents. Je me permets de préciser que je ne suis nullement spécialiste de la question. Je ne partage ici que l'expérience que j'ai du sujet, et si j'ai bêta-lu plus de 50 ouvrages à ce jour, cela s'est réalisé sur une courte période de temps, puisque j'ai commencé en janvier 2016.
Le premier article, que je vous propose aujourd'hui, abordera la bêta-lecture pour mieux comprendre de quoi il s'agit et comment cela fonctionne. Le prochain article sera centré sur le bêta-lecteur et le dernier s'intéressera à l'auteur bêta-lu.
Je vous souhaite de trouver des éléments utiles et intéressants. Si vous avez des questions, des remarques, des retours d'expérience que vous souhaitez porter à l'attention de la communauté mBS, n'hésitez pas à intervenir dans les commentaires de cette série de trois articles.


  1. La bêta-lecture, qu'est-ce que c'est ?

→ La bêta-lecture est la lecture d'un texte par quelqu'un qui n'en est pas l'auteur, dans le but d'aider ce dernier à l'améliorer.
Peu importe que le texte soit court (nouvelle, conte, etc...) ou long (roman, essai, etc...), qu'il s'agisse d'un polar, d'un écrit fantastique, historique, érotique, de poésie, d'une bande dessinée ou d'une pièce de théâtre.
Tout texte comporte toujours des éléments qu'il est possible d'améliorer et de modifier.
La bêta-lecture, c'est une lecture qui va proposer des pistes de réflexion à un auteur pour l'aider dans son travail de réécriture.
On peut également bêta-lire des pitchs (lecteur ou éditeur), des synopsis (de travail ou de soumission), des extraits pris hors contexte, etc...
Cela peut être un outil précieux pour l'auteur en herbe comme pour l'écrivain chevronné, car celui (ou celle^^) qui écrit se trouve inévitablement plongé dans son texte, ce qui rend souvent le travail de relecture particulièrement délicat et fastidieux.
Je pense que nombreux seront ceux et celles d'entre vous qui s'accorderont à dire qu'il est particulièrement difficile de prendre du recul par rapport à ses propres écrits et qu'un regard critique extérieur est tout à fait bienvenu, pour ne pas dire indispensable.
D'ailleurs, si vous avez déposé un texte (extrait ou entier) sur mBS, c'est que quelque part, vous recherchez un regard extérieur et au minimum un avis, n'est-ce pas ?
La bêta-lecture va plus loin qu'un simple avis, ce qui m'amène à la seconde partie :


  1. À quoi ça sert ?

→ Lire un texte, c'est très intéressant. Émettre un avis critique dessus est également intéressant mais sensiblement différent et potentiellement plus exigeant.
Il existe différents types de services qui soulagent les auteurs de la fastidieuse tâche de relecture et de correction. Ces services sont soit payants (on en trouve de toutes sortes sur internet et de nombreux professionnels en free-lance ou bien salariés d'entreprises ou d'associations les dispensent contre rémunération), soit inclus dans un contrat qui vous lie par exemple à un éditeur, lequel se charge de rendre le texte présentable, publiable et fait intervenir son réseau et ses contacts.
La bêta-lecture dans le sens où je l'entends n'est pas un service de relecture ou de correction. Elle est par définition gratuite et gracieuse, puisqu'elle repose sur une volonté et une acceptation réciproques. S'il y a un engagement, il est d'ordre moral.
Alors, à quoi ça sert, une bêta-lecture ?
Eh bien, cela sert à mettre en relation un auteur avec un ou plusieurs lecteurs, lesquels s'engagent à signaler tout élément susceptible d'aider l'auteur à améliorer son texte ou à prendre conscience de ses forces comme de ses faiblesses.
Il s'agit de donner un avis et un ressenti, mais sans se mettre à la place de l'auteur, on reste sur le point de vue du lecteur. Cet avis, ou ces avis croisés seront la matière à partir de laquelle l'auteur va pouvoir mener une réflexion (c'est là que ça devient vraiment intéressant pour l'auteur, car si un avis est bienvenu et forcément utile, en croiser plusieurs permet de mettre en lumière des points de manière bien plus claire, surtout lorsque l'on retrouve les mêmes remarques chez des personnes qui ne se connaissent pas, ni ne se fréquentent).
Ce n'est donc pas une correction, mais bel et bien un retour donnant un ressenti et des pistes.
On pourrait voir la bêta-lecture comme une étape préliminaire à la relecture et à la correction. C'est d'ailleurs tout à fait de ça qu'il s'agit.
La bêta-lecture est une lecture intermédiaire entre un premier jet (ou des jets retravaillés x fois mais non encore soumis à une lecture définitive) et une version finale. Seul l'auteur peut se targuer de dire : « ça y est, je tiens ma version finale. Je ne touche plus à rien et je pars au feu ! ».
Que ce soit pour s'auto-publier ou passer par l'édition traditionnelle (à compte d'éditeur ! Évitez les à compte d'auteur comme la peste !), la bêta-lecture est une étape qui ne peut que faire du bien à votre texte, ainsi qu'aux suivants, car c'est une étape enrichissante à tous points de vue.
C'est d'ailleurs encore plus vrai, à mon sens, pour l'auto-publication, car à moins d'avoir des contacts solides prêts à vous épauler, ou de débourser pour que le travail de relecture, correction, typographie, etc... soit fait par de vrais professionnels, vous n'aurez pas derrière vous tout l'arsenal qu'un éditeur a à sa disposition.
Personnellement, je suis convaincu que la bêta-lecture est une aventure à vivre et à nourrir. Elle profite à tous et ne peut que donner une plus-value très appréciable, ne serait-ce qu'en termes de raisonnement et de réflexion, car même si vous décidez de ne tenir compte d'aucune des remarques portées à votre attention, ces dernières feront quand même leur bout de chemin et ressortiront peut-être dans un futur écrit.


  1. Comment ça marche ?

→ Bon, c'est bien beau de parler de bêta-lecture, mais comment ça marche ? C'est vrai ça. Comment peut-on bêta-lire ou être bêta-lu ?
Si vous êtes lecteur et que vous recherchez des auteurs à bêta-lire, vous n'aurez que l'embarras du choix, pour peu que vous trouviez comment contacter les auteurs en question.
Si vous êtes un auteur à la recherche de bêta-lecteurs, vous en avez déjà certainement quelques-uns sous le coude. Ne serait-ce que votre conjoint, vos enfants peut-être, vos parents ou bien certains de vos proches. Ce sont tous des bêta-lecteurs, mais avec un « défaut » non négligeable : ils vous connaissent et risquent de donner un ressenti pas forcément tout à fait honnête ou sincère, souvent sans le faire exprès ni même consciemment.
Pour faire de la bêta-lecture efficace, il vaut donc mieux s'adresser à de parfaits étrangers, mais des étrangers qui s'intéressent à votre travail. Si vous écrivez de la romance érotique mais que vous demandez à un fan de polars et d'horreur allergique à la romance de vous bêta-lire, vous risquez fort d'obtenir de nombreux retours négatifs et de perdre le lecteur en route.
Dans un sens comme dans l'autre, il faut avoir envie de lire et de communiquer.
Un lecteur ira lire et éventuellement bêta-lire des textes qui l'intéressent. Vous-même, vous commentez les textes que vous appréciez, que vous lisez et vous passez votre chemin quand un livre ne vous fait pas envie. Un auteur qui souhaite être bêta-lu s'adressera à des personnes qui ont l'habitude et le goût du genre qu'il aborde.
Pour cela, nous avons la chance de vivre à l'ère numérique où l'on peut trouver assez facilement des repaires de lecteurs prêts à dévorer toutes formes d'écrits (oui oui, préparez votre armure de papier et aiguisez votre plume !), ainsi que des lieux de rencontres et d'échanges numériques qui permettent justement à la bêta-lecture de se dérouler dans des conditions optimales.
Je vous en proposerai quelques-uns dans le prochain article « Le bêta-lecteur », que vous écriviez / lisiez de la littérature blanche ou non. Le mieux c'est de faire vos recherches vous-mêmes et de creuser quand vous trouvez quelque-chose qui vous intéresse et vous parle. Chacun a sa sensibilité et doit trouver l'outil qui lui convient, se sentir bien dans l'environnement où il évolue. Si vous y aller à reculons et que vous n'aimez ni l'ambiance ni les personnes présentes, alors vous n'en tirerez rien de bon et vous n'aurez pas grand-chose de bon à offrir non plus.
Pourquoi ne pas commencer avec le mot clé « bêta-lecture » ? Rendez-vous dans quinze jours pour voir ce que vous aurez trouvé et comparer avec les liens que je mettrai ;-)


  1. À qui profitent les bêta-lectures ?

→ Ce qui est bien avec la bêta-lecture, c'est qu'elle profite à tout le monde (si si, ce n'est pas une blague) :
– Au bêta-lecteur d'abord, puisque ce dernier apprend de ce qu'il observe et commente. On retrouve forcément des échos à ses propres manies, habitudes et parfois défauts. On les remarque d'autant plus aisément quand il s'agit de se relire soi-même, que ce soit pour un texte littéraire ou même une simple lettre. Cela est aussi valable pour l'écriture en général. Certains bêta-lecteurs sont par exemple des étudiants dont la qualité des travaux écrits s'est en partie améliorée grâce aux bêta-lectures effectuées. Quand on relève des éléments chez les autres, surtout ceux qui reviennent régulièrement, on l'intègre davantage et on se corrige plus facilement soi-même. Autre élément positif pour le bêta-lecteur : l'expérience de bêta-lecture est un enrichissement qui permet de distinguer et isoler des manières d'écrire qui conviennent et d'autres non. Ainsi, on cultive sa sensibilité, on enrichit son vocabulaire et son aisance à écrire, mais aussi à lire. Un bêta-lecteur chevronné devient souvent plus exigeant quand il lit pour le plaisir ; il repère plus vite et plus facilement des éléments qui peuvent constituer une gêne à la lecture ou une entorse aux règles de l'écriture.
À l'auteur bêta-lu ensuite. En effet, tous les éléments portés à son attention, qu'ils soient pertinents ou non, engagent sa curiosité et une potentielle remise en question. Chaque remarque est une porte ouverte à une réflexion, qui peut mener au maintien tel quel de l'élément concerné comme à un remaniement, partiel ou total. Dans tous les cas, c'est toujours utile et intéressant de se remettre en question et de se poser, justement, des questions.
– Finalement, cela profite également au(x) spectateur(s). Eh oui, une bêta-lecture peut être un échange « intime » entre un auteur et un bêta-lecteur, mais cela peut aussi être une expérience de groupe où chaque participant voit (et peut commenter) les remarques de chacun. Non seulement l'auteur peut mettre en relation tous les éléments rapportés et en tirer des conclusions plus sensibles, mais chaque bêta-lecteur s'enrichit du point de vue des autres. On peut même, sur certains lieux dédiés à cela, consulter des échanges de bêta-lecture d'extraits de romans, de nouvelles, etc... sans forcément intervenir soi-même. Ce type de travail collaboratif est intéressant mais amène inévitablement la question de protection des écrits et leur possible diffusion non souhaitée. Ce n'est pas l'objet de cet article, aussi je n'entrerais pas dans un tel débat ici, mais j'en reparlerai à demi-mot dans les articles suivants, notamment dans le dernier, dédié à l'auteur bêta-lu.


Voilà, j'en ai terminé avec cette brève (dans le sens non exhaustive et reposant sur une conception assez personnelle de la chose) présentation de la bêta-lecture qui, je l'espère, aura été utile à certains d'entre vous.
Vous l'aurez probablement deviné en lisant ces quelques lignes, la bêta-lecture est un concept qui m'enthousiasme particulièrement. Ce n'est que récemment, en janvier 2016, que j'ai creusé la question et commencé à faire mes premières bêta-lectures. Résultat : plus de 50 bêta-lectures réalisées depuis. On devient vite accroc quand on se prête au jeu. De plus, on apprend tellement de choses dans l'exercice que c'est un plaisir de le renouveler.

Rendez-vous dans 15 jours pour un article sur le bêta-lecteur, avec plusieurs liens qui devraient intéresser les personnes curieuses d'en apprendre plus ou désireuses de faire leurs premières bêta-lectures :-)



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