Aujourd'hui, je vais partager avec vous une passion qui me suit depuis plus de 22 ans : l'Aïkido.
L'Aïkido est un art martial japonais que je pratique depuis le lycée, en 1995. Plus qu'un art martial, l'Aïkido est devenu pour moi un véritable art de vivre, et en quelque sorte aussi un art de penser.
Qu'est-ce que l'Aïkido ?
L'Aïkido relève directement du code d'honneur des Samouraïs.
Si en Europe Occidentale, et donc en France, on considère souvent les arts martiaux comme un sport, il s'agit avant tout d'une raison de vivre, ou tout au moins, d'une vocation déterminante.
Les Français connaissent sûrement mieux le Judo et le Karaté que l'Aïkido, pour ne citer que ces deux-là.
On ne voit trop souvent dans l'Aïkido qu'une technique de défense, de sécurité de soi-même.
S'il est indéniable que cet art se pratique dans le respect de soi-même et de l'autre, et qu'il peut être redoutable d'efficacité, il propose à ceux qui le pratiquent régulièrement, comme tout art martial, une règle de vie morale et physique.
L'Aïkido rejoint l'esprit du Yoga auquel pourtant on n'assigne pas l'entraînement physique. L'Aïkido mérite au plus haut point de retenir l'attention de ceux qui aiment les arts martiaux.
Le fondateur de l'Aïkido est Maître Morihei Ueshiba (1883 - 1969).
L'Aïkido a ses origines dans le Bujutsu (techniques guerrières) japonais (notamment Kitoryu, Yagyuryu et Daitoryu Jujutsu).
Cet art s'appuie sur la culture traditionnelle du Japon et sur la profonde coexistence et la parfaite harmonie de l'Homme avec la Nature.
C'est un art sans compétition souvent appelé le "Zen mobile", car il a la réputation d'être un art martial philosophique.
Héritage de la culture traditionnelle japonaise et souffle de fraîcheur de nos temps modernes, l'Aïkido contribue fortement à développer une compréhension mutuelle entre les différents peuples.
Le Centre Mondial de l'Aïkido se trouve à Shinjukuku.
L'étymologie permet de mieux comprendre ce qu'est l'Aïkido, qui se décompose en trois éléments :
合 AÏ : union / harmonie
気 KI : esprit / énergie
道 DO : voie
Le mot Aïkido signifie donc littéralement "La voie par la communication de l'esprit".
En termes de pratiquant, c'est s'adapter à l'attaque de son partenaire (on préfère d'ailleurs parler de partenaire plutôt que d'adversaire), et même la devancer, c'est-à-dire amorcer la technique de défense au moment précis du début de l'attaque ; de ce fait les deux (ou davantage) pratiquants se trouvent en harmonie.
En Aïkido, on découvre l'action de deux grandes forces :
- l'une positive, dite OMOTE
- l'autre négative, dite URA
Dans certaines religions et philosophies orientales, on les appelle YANG (positive) et YIN (négative).
Il ne s'agit pas de forces antagonistes, mais complémentaires, ce qui illustre d'ailleurs la technique de l'Aïkido.
En effet, dans cet art, on recherche toujours l'application de ces forces selon le principe suivant :
- si le partenaire utilise une attaque positive, TORI (celui qui "reçoit") utilisera une force négative
- si au contraire UKE (celui qui "donne") utilise une force négative, TORI emploiera une force positive
Il est important de noter que l'Aïkido n'est pas qu'une technique de self-défense, même s'il est assurément efficace dans cette optique.
Un entraînement régulier est très profitable pour la santé. Il rend les réflexes plus rapides, procure un équilibre moral, et offre une maîtrise de la complémentarité entre le corps et l'esprit.
L'Aïkido impose une discipline morale, héritage de l'esprit et du code de chevalerie des anciens Samouraïs.
On constate que celui qui pratique l'Aïkido depuis un certain temps acquiert plus de calme et d'assurance dans la vie stressante d'aujourd'hui.
Les principes de base
KAMAE
Se tenir en garde.
On peut retrouver ce principe dans d'autres arts que les arts martiaux, comme par exemple la peinture, la cérémonie du thé, etc.
Le but de KAMAE est de se protéger tout en ayant une stabilité et une bonne disponibilité de mouvance.
Il existe plusieurs formes de garde, les principales étant :
- HIDARI-KAMAE (position garde à gauche)
- MIGI-KAMAE (position garde à droite)
- AI-HAMMI-MU-KAMMAE (TORI et UKE ont le même pied en avant)
- GYAKU-HAMMI-MU-KAMMAE (TORI et UKE ont les pieds opposés en avant)
- MUGAME (la garde sans garde, le corps droit, souple et relaxé, les épaules basses, une vision très large tout en ayant une disponibilité de tous les instants)
MA-MAI
Distance entre deux partenaires.
En Aïkido, il y a trois distances à respecter :
- CHIKAMA (petite distance, environ un pas, ce qui permet d'exécuter des techniques sur place)
- MA (distance idéale, car elle permet de voir et de pouvoir agir, intervalle d'un grand pas, bras mi-tendus, dos des mains se touchant)
- TO-MA (grande distance, plusieurs pas, surtout utilisé dans la pratique des armes)
TE-SABAKI
Mouvement des mains.
TE (mains) et SABAKI (mouvement de rotation).
Les mains de l'Aïkidoka sont ouvertes et souples, les bras légèrement fléchis.
Il est impossible de les plier, car le KI y circule venant du centre (HARA) du pratiquant.
Qui peut pratiquer l'Aïkido ?
En principe, toute personne.
N'importe qui, à n'importe quel âge, peut pratiquer l'Aïkido, même après une longue absence d'entraînement physique.
La pratique de l'Aïkido est cependant possible à condition d'être dirigé par un professeur compétent.
L'Aïkido n'est pas dangereux, ni brutal, même si de nombreuses techniques peuvent sembler impressionnantes et compliquées à des débutants.
Personnes jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes, chacun peut pratiquer pleinement cet art martial.
En France, on dénombre de nombreuses écoles d'Aïkido, dont les trois plus importantes sont
- FFAAA (Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires)
- FFAB (Fédération Française d'Aïkido et de Budo)
- Aïkikaï (organisation pour promouvoir le développement de l'Aïkido)
Chaque fédération aura une pratique plus ou moins orientée selon des principes connexes.
Si les bases sont les mêmes, certains développements peuvent varier.
Au cours de mes 22 ans de pratique, j'ai fréquenté différents clubs affiliés à différentes fédérations, organisations, associations et groupes, et il y a des choses intéressantes partout.
L'essentiel est de trouver un maître compétent et une pratique qui fait écho à sa propre recherche intérieure, de se sentir bien dans sa pratique et dans ses rapports avec les autres pratiquants.
Il en va de même pour les stages, qui sont autant d'occasions de rencontrer d'autres pratiquants avec un bagage et une technique parfois différents.
J'ai pour ma part fait de nombreux stages, notamment l'été, dont une bonne partie en Bretagne et en Aveyron (je dois avouer que le climat et le décor permettaient de faire des balades sympas entre les entraînement ;-) ), d'une durée d'une ou deux semaines, avec 6 à 8 heures de pratique journalière.
Certains formats permettent également de s'immerger plus longuement dans la pratique. J'ai ainsi fait pendant quelques années des stages d'approfondissement qui se tenaient sur des week-ends (deux ou trois jours successifs), avec pratique sur le tatami de 6h du matin à 22h.
On mangeait et on dormait sur le tatami. De quoi se régénérer et attaquer la semaine avec une pêche d'enfer (bon, certains pratiquants repartaient sur les rotules, mais j'ai la chance d'avoir toujours fait partie de ceux que cela boostait très positivement).
On peut également trouver des pratiques qui évoluent vers quelque chose de plus personnel, sous l'impulsion d'un maître qui veut apporter sa touche personnelle.
J'ai par exemple fait partie à Reims d'un club, dont j'ai d'ailleurs été président, qui dépendait d'une structure associative devenue par la suite une fédération.
L'orientation donnée à la pratique s'éloignant de l'Aïkido, la fédération avait d'ailleurs dû changer le terme, et l'Aïkido était devenu Aïkiryu (c'était de l'Aïkido en lien avec le mouvement dansé).
Je suis personnellement convaincu que toutes les pratiques sont intéressantes, et que l'essentiel est que chacun y trouve du sens et du plaisir.
Trouver une pratique qui nous correspond fait aussi partie de l'apprentissage et de l'évolution de sa pratique.
Les techniques
En Aïkido, il existe de nombreuses techniques.
Le but de cet article n'est pas de vous faire un cours sur l'Aïkido, de nombreux livres font très bien ce travail, mais simplement de vous présenter brièvement cette passion qui fait partie intégrante de ma vie, et a d'une certaine manière un impact sur ma manière d'écrire.
Pour faire simple, on distinguera deux grands types de techniques :
- d'immobilisation (OSAE WASA)
- de projections (NAGE WASA)
Ces techniques découlent directement des concepts fondamentaux de l'Aïkido :
- HARA (il s'agit de la réserve de l'énergie humaine, qui se trouve au niveau abdominal ; le centre du HARA, nommé TANDEN, correspond au centre de gravité, point placé aux trois principaux plans du corps humain. Ce point est le centre vital. Le travail du ventre se nomme HARAGEI. C'est la concentration de l'énergie. Le travail du HARA ne s'explique pas, il se pratique !)
- KI (il représente l'énergie potentielle de l'humain, la manifestation de la vie, le souffle et la respiration, c'est le KOKYU. Il se développe par la pratique de la respiration abdominale. Le KI peut s'éculer comme un torrent, c'est-à-dire dur, ou bien comme un lac doux, reposant, ou encore comme une rivière serpentant, ou circulaire. En Aïkido, on dit souvent "prendre le KI de son adversaire" : c'est canaliser son énergie en l'utilisant contre lui-même)
- KOKYU (littéralement expirer (KO) en premier et inspirer (KYU) ensuite. C'est la respiration totale venant du ventre. Elle a deux rôles : respiration normale de tout être humain, et respiration énergétique pour transporter le KI. La force respiratoire s'appelle le KOKYU RYOKU. Le KI est la conceptabilité de l'Aïkidoka)
- AÏ (union, harmonie, équilibre. C'est l'application concrète : entrer quand on est tiré, pivoter lorsqu'on est poussé)
- AÏKI (harmonisation et unification des énergies. Le principe consisterait à mettre en accord son propre esprit avec celui de l'attaquant, que ce soit avec ou sans armes)
- YIN-YANG (YIN négatif : terre, eau, femme, douceur, repos, froid, souplesse, inertie, etc. / YANG positif : ciel, feu, homme, fermeté, mouvement, chaud, force, dynamisme, etc. Cette opposition entre le YIN et le YANG se retrouve en Aïkido au niveau des principes fondamentaux OMOTE - URA, IRIMI - TENKAN)
- IRIMI (rentrer au coeur de l'attaque. Technique défensive simultanée à l'attaque. Synchronisation des deux êtres).
- TENKAN (échange réalisé par un mouvement circulaire. TEN : circulaire, KAN : échange. Cela consiste à pivoter sur le pied avant changement de direction à 180°)
- OMOTE - URA (OMOTE est le mouvement positif IRIMI : rentrer dans l'action. URA est le mouvement négatif : absorption, effacement)
Les formes d'attaques relèvent essentiellement de saisies et de frappes.
Il existe des techniques debout (TACHI WAZA) et à genoux (SUWARI WASA).
Conclusion
Vous l'aurez compris, je suis réellement passionné par l'Aïkido, même si j'ai beaucoup moins l'occasion de le pratiquer ces dernières années, notamment parce que je dois souvent m'occuper de mes enfants alors que ma femme travaille.
J'espère que cette brève présentation aura su capter au moins un peu de votre intérêt, et comme des images valent parfois mieux qu'un long discours, je vous propose ci-après quelques photos et quelques vidéos.
Quelques photos
Quelques vidéos
Et vous, pratiquez-vous l'Aïkido ou un autre art martial qui vous apporte un équilibre et un plaisir de vivre ?












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